Ferro-Lyon

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La ficelle de la rue Terme

Publié le 11-03-2007 à 12h23. (mis à jour le 20-05-2008 à 18h54.)

Ce fut la première ficelle de Lyon, ouverte en 1862 et l’un des tout premiers funiculaires urbain dédié au transport de passagers au monde. (Un chemin de fer urbain à traction funiculaire avait été ouvert en 1840 entre Londres et Blackwal par Robert Stéphenson, de même un funiculaire touristique avait été ouvert en 1845 à Niagara Falls (USA), et dès les débuts des chemins de fer des plans inclinés réservés au transport des marchandises ont existé) Elle a malheureusement été fermée en 1967, et son tunnel transformé en voie routière par la suite.


Sommaire de l’article

  1. L’histoire et la construction
  2. La ligne
  3. Les infrastructures
  4. Le matériel roulant
  5. Les vestiges

L’histoire et la construction

Tracé du funiculaire de Lyon à la Croix-RousseCe projet est né de la nécessité de relier de manière commode le quartier fortement urbanisé de la Croix-Rousse (40 000 habitants à l’époque de l’ouverture de la ligne) au centre-ville de Lyon pour faciliter les nombreux échanges économique de cette « colline qui travaille ». Or les deux quartiers, quoique très proches à vol d’oiseau, sont séparés par un dénivelé de plus de 80 mètres. Ce relief particulièrement marqué se traduit par des pentes très raides. Cette géographie ingrate rendait donc la circulation extrêmement difficile et très coûteux le transport des marchandises. N’oublions pas qu’à cette époque, la traction des véhicules – hors chemin de fer – est exclusivement animale. Les pentes d’accès à la Croix-Rousse sont donc des obstacles extrêmement pénalisants. Preuve supplémentaire de l’impérieuse nécessité de cette liaison, elle a été une installation pionnière de la forme moderne des chemins de fer funiculaires tels qu’on les connaît maintenant.

Deux ingénieurs, Messieurs Molinos et Pronier ont donc l’idée d’utiliser un système de chemin de fer dont la traction est assurée par un câble entraîné par une machinerie à vapeur. Ceci permettant de garantir un temps de parcours de l’ordre de 3 minutes. Compte-tenu du nombre de passagers attendus, les véhicules sont à impérial. Chacune des deux rame de 3 voiture pouvant charger 324 passagers.

Le projet a été conçu avant que ne soit voté la loi sur les chemins de fer d’intérêt local, aussi la concession est accordée directement par l’État à Messieurs de Polligny et consorts par décret impérial du 26 mars 1859. Le 27 juillet 1860, est créée officiellement la Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Croix-Rousse qui devient rétrocessionnaire de la concession par décret du 4 août 1860.

Les travaux sont engagés dès le 5 mars 1860. La nouveauté de ce type d’installation suscite l’intérêt jusqu’au plus haut niveau de l’État, et l’empereur Napoléon III viendra visiter le chantier. Du fait de cette nouveauté, l’installation est soumise à des tests poussés avant sa mise en service, et notamment sur ses systèmes de freinage de sécurité mis au point très récemment. Ce test échoue à cause du poids trop élevé des caisses à impérial. L’une des rames ira endommager la gare basse, causant plus de 40 000 francs de dégâts. Il est donc décidé de « décapiter » le matériel roulant et, après la réussite de nouveaux essais, les installations sont inaugurées le 1er juin 1862, puis ouvrent au public le 3 juin 1862.

Cependant, les voitures, toujours très lourdes, endommagent la voie. Elles seront remplacées dès 1864.

Ce funiculaire est un succès considérable. D’autant que dès le 30 juillet 1863, la Compagnie du Chemin de Fer de Lyon à Sathonay a établie sa gare juste de l’autre côté du boulevard de la Croix-Rousse. Cette compagnie réussi à convaincre les autorités de contrôle de laisser franchir à niveau par ses trains le boulevard. Aussi à partir du 3 septembre 1867, elle fait gare commune avec la ficelle. Ainsi, le trafic du funiculaire se monte dès 1863 à 2 millions de passagers et 4 millions en 1880.

De 1898 à 1904, l’OTL rachète progressivement les actions de la Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Croix-Rousse, et l’intègre de facto dans son réseau. Cette intégration est approuvée par décret le 29 juillet 1905, qui entérine le traité d’affermage de l’installation à l’OTL par la Compagnie. Cette même année, le matériel roulant est une nouvelle fois changé. Il faut en revanche attendre encore 10 ans et 1915 pour voir l’électrification de la machinerie. Une dernière modernisation interviendra en 1938, avec un changement de caisses sur le matériel roulant.

Enfin, l’installation arrivant en limite d’usure, le syndicat des TCRL choisi de l’arrêter au 31 décembre 1967. L’époque étant au développement de la voiture, la plateforme est réutilisée, après démolition de la gare haute, pour faire une voie d’accès rapide à sens unique montant entre la Presqu’Île et la Croix-Rousse.

Références juridiques :
« N° 6498 – Décret impérial qui approuve une Convention relative à l’établissement et à l’exploitation d’un chemin de fer de Lyon à la Croix-Rousse : 26 mars 1859 », Bulletin des lois de l’Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 13, n° 691, 1859, p. 698 – 709.
« N° 10111 – Décret impérial portant autorisation de la société anonyme formée à Paris sous la dénomination de Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Croix-Rousse : 4 août 1860 », Bulletin des lois de l’Empire Français, partie supplémentaire, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 15, n° 675, 1860, p. 218 – 231.
« N° 46961 – Décret approuvant le Traité d’affermage du Chemin de fer de Lyon à la Croix-Rousse à la Compagnie des omnibus et tramways de Lyon : 29 juillet 1905 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 72, n° 2692, 1905, p. 953 – 959.

 

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