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Avis défavorable pour T2

Publié le 11-09-2010 à 19h27 (mis à jour le 15-09-2010 à 17h06.)

Suite à l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique sur le prolongement de la ligne T2 du tramway entre la station Les Alizés (Bron) au parc des exposition Eurexpo (Chassieu) qui s’est tenue du 21 juin au 23 juillet, le commissaire enquêteur vient de rendre son rapport. Ce rapport contient un avis défavorable.

Il sera intéressant de connaître les différents arguments qui ont amené cette conclusion. Le journal Le Progrès évoque le souhait d’un passage plus au nord (mais sans préciser s’il s’agit uniquement de passer aux Sept-Chemins, ou de desservir aussi correctement le quartier du Terraillon).

Si c’est bien l’argument sur le tracé qui est le pivot de l’argumentaire, ce serait alors la mise en cause ferme des capacités (éventuellement techniques, ou bien plus probablement, politiques) du SyTRAL à planifier des extensions pertinentes du réseau. En effet, la genèse de ce projet montre combien le passage en force est la technique de gouvernance de cette structure : Tout d’abord, on privilégie et agite comme un chiffon rouge un tracé « par Avenue des Droits de l’Homme », qui ne dessert rien à part Eurexpo, évidement inacceptable pour les brondillants… Tout en bricolant un tracé « Par Bron Centre Ville » mal fichu, qui dessert un peu mieux la commune… mais pas trop et qui sera finalement retenu. À aucun moment, une explication argumentée n’a été fournie sur le rejet en bloc des contre-propositions des habitants. Bref, cet avis défavorable a des chances d’être finalement un désaveu cinglant des méthodes de non-concertation employées par le SyTRAL. Il est d’ailleurs particulièrement regrettable que des méthodes de pseudo-concertation soient systématiquement employées pour tous les projets, ce qui abouti à braquer les citoyens et les associations (qui ont parfois une expertise technique et sociologique équivalente aux services des collectivités locales) et à en faire progressivement des opposants. Tant que Messieurs Collomb et Rivalta ne l’auront pas compris (mais arriveront-ils à le comprendre un jour ?) leurs projets seront contestés de plus en plus vivement par les habitants qui ne s’y reconnaissent pas.

Même si les élus peuvent passer outre cet avis, c’est néanmoins un coup dur qui fragilise au plan juridique fortement la procédure. Or cette extension avait pour objectif inavoué (non énoncé dans le dossier d’enquête), mais connu de tous, de participer à la desserte du projet OL-Land depuis le sud-est de l’agglomération. Le risque de recours juridique est donc, vu la mobilisation des opposants au projet de stade, loin d’être nul. On se trouve aujourd’hui dans la situation où, par la faute de l’incompétence et l’irresponsabilité de la direction politique du SyTRAL en matière de structuration du réseau et des ambitions économico-politico-footballistiques de notables lyonnais, la desserte performante de quartiers enclavés est repoussée à un avenir non défini. Bref, un beau gâchis pour tout le monde.

Édition du 15 septembre : Comme on pouvait malheureusement s’y attendre de la part d’un président du SyTRAL aussi droit dans ses bottes pour se servir dans la caisse (2 jugements de condamnation prononcés à ce jour, l’un sur des indemnités illégales et l’autre sur l’attribution, tout aussi illégale, d’une carte bancaire « de fonction » pour payer ses menues dépenses sur le compte du syndicat) que pour s’essuyer les pieds sur l’avis de la plèbe, c’est le passage en force qui est choisi. Le conseil syndical du SyTRAL devrait donc bientôt demander au préfet du Rhône de prononcer la déclaration d’utilité publique, comme si de rien était… Le risque étant désormais pour les habitants de Bron, en cas de déferrement au tribunal administratif du futur arrêté préfectoral déclarant l’utilité publique, de se retrouver avec un chantier en cours et arrêté… Mais peut-être est-ce le but de jouer la politique du pire pour faire payer aux manants d’avoir voulu contrarier la mégalomanie de quelques Pieds-nickelés d’élite…

Sources : Le Progrès de Lyon, éditions du 11 septembre 2010 et du 15 septembre 2010.
Les Potins d’Angèles, n°230 du 9 au 15 septembre 2010.