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La ficelle de Saint-Paul à Fourvière et tram de Loyasse

Publié le 11-03-2007 à 17h49. (mis à jour le 01-03-2016 à 13h59.)

Le dernier funiculaire mis en service à Lyon est aussi celui qui aura connu le destin le plus bref, avec seulement 37 ans d’existence. Il faut dire qu’en dehors de la période de la Toussaint, la plupart de ses passagers n’effectuaient qu’un aller sans retour puisqu’il desservait principalement et quasi-exclusivement un cimetière. Comme ce funiculaire est très intimement lié à la ligne de tram qui le prolongeait, il est logique de les étudier ensemble.


Sommaire de l’article

  1. Historique
  2. Les lignes
  3. Les infrastructures
  4. Le matériel roulant
  5. Les vestiges

Historique

En 1893, Monsieur Cornillon dépose une demande de concession pour la construction d’un funiculaire entre la gare Saint Paul et Fourvière, et d’un tramway en correspondance entre Fourvière et le grand cimetière lyonnais de Loyasse. L’idée étant d’assurer une desserte du cimetière aussi bien pour les vivants, que pour les personnes devant y être enterrées. Le réseau de la Place Saint-Paul à Fourvière et Loyasse est déclarée d’utilité publique par une loi du 14 décembre 1896. La concession est accordée par la commune de Lyon à Monsieur Cornillon pour une durée de 70 ans par une convention entre la commune et Monsieur Cornillon signée le 19 mai 1896, annexée à la loi. Le 13 janvier 1897, un décret approuve la substitution de Monsieur Cornillon par la Compagnie de Saint Paul à Fourvière et Loyasse (SPFL) pour la concession de l’ensemble. Le 31 octobre 1900 sont inaugurés simultanément la ficelle et le tram jusqu’au dépôt de La Sarra. Ce terminus étant isolé, la compagnie sollicite la concession d’un prolongement jusqu’à la place de Trion passant devant l’entrée des cimetières de Loyasse. Devant ses instances pressantes, l’extension entre La Sarra et l’entrée des cimetières (200 mètres) est autorisée par lettres préfectorales datées des 8 février et 24 juin 1900. Ce tronçon est mis en service le 31 mai 1901. Cependant, dès le début de l’exploitation, il s’avère que la desserte d’un cimetière, fut-il très peuplé, n’est pas de nature à dégager des bénéfices, et encore moins à couvrir les coûts très élevés de premier établissement. Ceux-ci liés à la fois au percement du tunnel de la ficelle et à la construction du viaduc nécessaire au tramway sur le plateau des Quatre Vents sont absolument hors de proportion par rapport aux recettes prévisibles de l’exploitation.

De plus, la compagnie a fait l’erreur d’implanter l’usine de production électrique fonctionnant au charbon au sommet de la colline. Elle est donc dépendante pour ses approvisionnements en houille soit du funiculaire, soit de frais de charrois particulièrement élevés liés au pentes à vaincre avec la traction animale.

Enfin, la double infrastructure funiculaire et tramway, pour une distance totale bien faible (1 400 mètres) génère des coûts d’exploitation très élevés qui viennent encore réduire les espoirs de recettes.

Fourvière, gare de correspondance Funiculaire de Saint Paul-Tramway de Loyasse

Fourvière, gare de correspondance entre le funiculaire de Saint Paul et le tramway de Loyasse (Doc. CC-by-nc-nd Bibliothèque Municipale de Lyon, Fond Sylvestre, cote SA 1/13)

Dès le 4 juin 1901, la compagnie est placée en liquidation judiciaire par jugement du tribunal de commerce de Lyon. Après mise sous séquestre, les installations sont exploitées par la Compagnie OTL pour le compte de la commune de Lyon. En 1908, après des négociations serrées, l’OTL rachète la compagnie SPFL. Ce rachat est approuvé par décret le 24 décembre 1910, et donne lieu à une prorogation de la concession de la ligne dont la date d’échéance est reportée au 21 août 1984 par une loi le 23 décembre 1910.

Pour l’OTL cette installation est un gouffre financier, surtout après la première guerre mondiale. Ainsi, suite une grève de ses personnels particulièrement suivie au début 1920, elle décide d’interrompre le service sur le funiculaire. Il faudra toute la persuasion des autorités municipales et départementales pour la convaincre de reprendre l’exploitation à partir du jour de l’an 1921.

Comble de malchance, le tunnel du funiculaire possède des faiblesses structurelles, car percé dans un terrain peu stable. Ceci sera une source de contentieux avec les riverains, et en particulier les pères maristes qui voient avec inquiétude leurs immeubles se fissurer. Il nécessitera un confortement majeurs qui entraîneront l’interruption des circulations entre décembre 1923 et le 22 octobre 1925.

Viaduc du tramway de Loyasse sur le plateau des Quatre-Vents

Viaduc du tramway de Loyasse sur le plateau des Quatre-Vents (Doc. CC-by-nc-nd Bibliothèque Municipale de Lyon, Fond Sylvestre, cote SA 17/31)

Face aux résultats financiers désastreux de la ficelle, dont la machinerie toujours mue à la vapeur est la dernière de ce type sur le réseau depuis une vingtaine d’années, et du tramway, l’OTL exploite le matériel jusqu’à la limite d’usure, et ferme le funiculaire le 25 décembre 1937. Il fonctionne ensuite 3 jours en juillet 1939 à l’occasion d’un congrès marial, puis pour les Toussaints des années 1939 et 1940. Le tramway cesse son service le 18 septembre 1939, avec néanmoins des services occasionnels pour les Toussaints 1939, 1940, et 1942.

Les installations, dont l’exploitation n’est officiellement que provisoirement suspendue, sont déclassées par un décret signé par le Premier Ministre, le 5 mai 1950. Les voies sont déposées entre 1951 et 54. Le tablier métallique du viaduc du tramway est découpé au premier semestre 1952.

Références juridiques :
« N° 31928 – Loi qui déclare d’utilité publique l’établissement, sur le territoire de la ville de Lyon, d’un Chemin de fer d’intérêt local de la place Saint-Paul à Fourvière et à Loyasse : 14 décembre 1896 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 53, n° 1824, 1896, p. 1441 – 1460.
« N° 32627 – Décret qui approuve la substitution à M. Cornillon de la Compagnie anonyme du Chemin de fer de Lyon-Saint-Paul à Fourvière et à Loyasse, comme concessionnaire du chemin de fer d’intérêt local dans la ville de Lyon : 13 janvier 1897 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 54, n° 1863, 1897, p. 1393 – 1394.
« Loi prolongeant la durée de la concession des chemins de fer d’intérêt local de Lyon au faubourg de Saint-Just, de Lyon-Saint-Jean à Fourvière et de Lyon-Saint-Paul à Fourvière et Loyasse : 23 décembre 1910 », Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, n° 350, 24 décembre 1910, p. 10446.
« Décret substituant la Compagnie des omnibus et tramways de Lyon à la Compagnie du chemin de fer de Fourvière et Ouest Lyonnais et à la Compagnie du chemin de fer de Lyon-Saint-Paul à Fourvière et Loyasse comme concessionnaire et rétrocessionnaire des chemins de fer d’intérêt local et des tramways exploités par ces compagnies : 24 décembre 1910 », Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, n° 352, 26 et 27 décembre 1910, p. 10550.
« Décret du 5 mai 1950 portant déclassement du chemin de fer d’intérêt local Lyon-Saint-Paul-Fourvière-Loyasse », Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, n° 110, 8 et 9 mai 1950, p. 5048.

 

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