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La ligne de Lyon-Croix-Rousse à Trévoux

Publié le 27-02-2007 à 19h19. (mis à jour le 28-08-2017 à 23h05.)

Ligne ferroviaire ancienne, son histoire a débuté avant le grand regroupement des compagnies ferroviaires. Elle est ainsi passé entre plusieurs main avant de tomber dans l’escarcelle du PLM Son terminus lyonnais trop excentré pour assurer des correspondances, alors que la banlieue était encore embryonnaire auront raison très tôt de la desserte voyageur de cette infrastructure. Il n’est pourtant pas impossible qu’elle retrouve un jour une vocation de transport des passagers sur la totalité de son parcours.


Sommaire de l’article

  1. Historique
  2. Le parcours
  3. Le matériel roulant
  4. Les dessertes
  5. Photos

Historique

Cette ligne a été créée en deux parties. La première, entre Lyon-Croix-Rousse et Sathonay avait notamment l’avantage, pour les militaires, de rapprocher le camp de Sathonay (où 6 000 hommes étaient cantonnés) de la colline insoumise des Canuts, et donc de faciliter les déplacements de la troupe pour mater les émeutes. De plus, elle formait un prolongement du funiculaire de la rue Terme renforçant son utilité notamment pour acheminer les productions des campagnes environnantes vers la ville. Ce tronçon a été concédée Messieurs Victor-Auguste du Hamel, Gustave-Henri-Alexandre-Xavier de Caze et Émile Grignard par décret impérial le 12 juin 1861. Ce décret valait déclaration d’utilité publique.

Le 26 juillet 1861 la Compagnie du Chemin de fer de Lyon (la Croix-Rousse) au camp de Sathonay est crée, et sa substitution aux concessionnaires initiaux a été approuvée par décret impérial le 5 août 1861. La ligne est ouverte à la circulation le 30 juillet 1863. Cette compagnie a rencontré rapidement des difficultés financières et a été placée sous séquestre par décret impérial le 26 octobre 1864. Les autorités de séquestre ont autorisé, moyennant péage, le passage sur la ligne des trains de la Compagnie de la Dombes qui a ouvert la ligne de Sathonay à Bourg-en-Bresse le 1er septembre 1866. C’est cette compagnie qui est devenue, suite à un décret du 14 septembre 1872, la Compagnie des Dombes et des chemins de fer du Sud-Est.

Le séquestre est levé et la Compagnie des Chemins de Fer du Rhône a été substituée par décret le 12 juillet 1872 à la Compagnie du Chemin de fer de Lyon (la Croix-Rousse) au camp de Sathonay pour la concession de la ligne de Lyon-Croix-Rousse à Sathonay. Cette nouvelle société a demandé la concession, sous le régimes des chemins de fer d’intérêt local, du prolongement entre Sathonay et Trévoux auprès des conseil généraux des départements du Rhône et de l’Ain. Elle a signé deux traité, le premier le 30 août 1872 avec le conseil général du Rhône et le second le 12 mai 1873 avec le conseil général de l’Ain. Ces traités ont été ratifiés, la concession du prolongement de Sathonay à Trévoux a été accordée et la ligne a été déclarée d’utilité publique par deux décret le 1er août 1874.

Mais, pour des raisons financières, la compagnie a été incapable de respecter ses engagements. Toutefois, elle ouvre le 10 avril 1873 la halte du Vernay en remplacement de celle de Fontaine qui était peu utilisée. La déchéance de la Compagnie des Chemins de Fer du Rhône n’a pas été prononcée, car elle négociait la reprise de ses activités par la Compagnie des Dombes et des chemins de fer du Sud-Est. Aussi, le 24 avril 1879 le conseil général de l’Ain a consenti à signer une nouvelle convention avec la compagnie. Le 20 mai 1879, le conseil général du Rhône a fait de même. Le 24 juin 1879, la Compagnie des Chemins de Fer du Rhône et la Compagnie des Dombes et des chemins de fer du Sud-Est ont signé un traité de substitution de la première par la seconde. Cette convention contenait une clause de cession des infrastructures qui ne pourrait être mise en œuvre qu’à l’issue de la quinzième année suivant l’ouverture de la ligne. L’ensemble de ces dispositions ont été approuvées par une batterie de cinq décrets signés le 22 décembre 1879. La ligne entre Sathonay et Trévoux a finalement été ouverte le 1er juin 1882.

Boulevard de la Croix-Rousse (CC-by-nc-nd, BM Lyon)

Traversée du boulevard de la Croix-Rousse par un train quittant la gare de Lyon-Croix-Rousse, vers 1900. À gauche de la photo se trouve la gare haute du funiculaire de la rue Terme. On voit à l’arrière-plan la cheminée de la machinerie à vapeur du treuil du funiculaire. Photo : CC-by-nc-nd Bibliothèque Municipale de Lyon, Fond Sylvestre, cote SA 6/7.

Cependant, le 28 juillet 1881, dans le cadre d’un intérêt mutuel bien compris, la Compagnie des Dombes et des Chemins de fer du Sud-Est signe avec la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et la Méditerranée (PLM) un traité portant sur son rachat. Ce traité est approuvé par une loi le 20 novembre 1883. Dès le 1er janvier 1884, le PLM est devenu à la fois propriétaire des installations appartenant à la Compagnie des Dombes et des Chemins de fer du Sud-Est, mais aussi redevable des obligations liées à l’exploitation de la ligne de Lyon à Trévoux pour le compte de la Compagnie des Chemins de Fer du Rhône.

Le 1er juin 1897, exactement 15 ans après l’ouverture de la ligne, et dans le respect de la convention initiale, le PLM a racheté officiellement la ligne de Lyon-Croix-Rousse à Trévoux à la Compagnie des Chemins de fer du Rhône. Le tronçon de ligne entre Sathonay et Trévoux est alors reclassé dans le réseau d’intérêt général par une loi le 25 mars 1898.

En 1897, la Compagnie des chemins de fer Economiques du Sud-Est ouvre une ligne à voie métrique entre Jassan et Trévoux. Cette ligne permet les échanges locaux le long du Val de Saône et la liaison vers Bourg-en-Bresse, mais au prix de temps de trajet disuasifs. Elle est reprise en 1920 par la Régie Départementale des Tramways de l’Ain avant de fermer en 1936.

Le 15 mai 1900, le PLM ouvre en voie unique le tronçon de Saint-Clair à Sathonay au trafic marchandises et le 8 novembre de la même année au trafic voyageurs. Cette nouvelle ligne assure la liaison avec le reste du complexe ferroviaire lyonnais. Cela permet en particulier un accès aux gares voyageurs des Brotteaux et de Perrache, ainsi qu’à la gare marchandises de La Part-Dieu. Cela a eu pour conséquence le déclin progressif du terminus de Lyon-Croix-Rousse. La deuxième voie du raccordement de Saint-Clair à Sathonay est livrée au service le 12 juillet 1901.

La gare de Lyon-Croix-Rousse était implantée à l’origine à côté du terminus du funiculaire de la rue Terme. C’était certes très pratique pour les voyageurs en correspondance, mais cette disposition entraînait le passage des trains en surface sur le boulevard de la Croix-Rousse à très faible vitesse et précédés d’un agent. De plus, la gare était totalement inextensible à cet endroit et limitait la longueur des trains. Ces contraintes d’exploitation furent jugée trop fortes par le PLM. Le 19 mai 1914, le terminus de Lyon-Croix-Rousse est déplacé au nord du boulevard, à l’angle de la place des Tapis et de la rue de la Terrasse, où se trouvaient initialement la gare marchandises et le dépôt. Ce site était alors dénommée Lyon-Croix-Rousse 2. Ces deux dernières installations étant reportées simultanément au-delà de la rue Hénon sur un site qui reprend la dénomination Lyon-Croix-Rousse 2. Ces travaux sont déclarés d’utilité publique par décret le 24 septembre 1905.

Première gare marchandise de Lyon-Croix-Rousse, place des Tapis (CC-by-nc-nd, BM Lyon)

Première gare marchandises de Lyon-Croix-Rousse. Au premier plan à droite la voie qui franchit le portail est celle qui traversait le boulevard de la Croix-Rousse. L’emplacement est désormais méconnaissable, puisqu’il s’y trouve le magasin Monoprix et d’autres bâtiments d’habitation. Photo : CC-by-nc-nd Bibliothèque Municipale de Lyon, Fond Sylvestre, cote SA 6/9.

Dans l’entre-deux guerres la fréquentation du tronçon Sathonay à Trévoux décline principalement à cause de la concurrence automobile et du « Train Bleu » (tram à voie métrique exploité par la Compagnie des Omnibus et Tramways de Lyon) des quais de Saône récemment modernisé entre Pêcherie et Neuville. Cela conduit à la fermeture de la ligne aux voyageurs le 5 décembre 1938 entre ces deux gares, par la toute jeune SNCF désormais propriétaire du réseau. La ligne est rouverte temporairement aux voyageurs au début de la seconde guerre mondiale du 3 au 24 septembre 1939.

Le déclin du tronçon de Lyon-Croix-Rousse à Sathonay s’est poursuivi et accéléré après guerre avec sa fermeture au trafic voyageur le 16 mai 1953. Ceci a entraîné de fait l’interruption complète des circulations, avec dépose de la double voie entre les gares de Lyon-Croix-Rousse et Lyon-Croix-Rousse 2 (Marchandises, aujourd’hui Hénon) dès 1960 et les emprises de la gare de Lyon-Croix-Rousse sont urbanisées. Entre 1961 et 1962 le remblai qui portait les voies est dérasé jusqu’à la rue Hénon pour laisser la place au premier tronçon du boulevard des Canuts. À cette époque, la voie était considérée comme totalement condamnée jusqu’à Sathonay à plus ou moins brève échéance. Les services du ministère de l’Équipement l’intégrèrent comme emprise à réserver pour une pénétrante routière connue sous le nom de LY2. Le 28 septembre 1975, la desserte marchandises est supprimée entre Sathonay et Lyon-Croix-Rousse 2. Le tronçon de ligne est déclassé par décret le 20 mars 1978 et la voie est déposée dans les années suivantes. Le 10 décembre 1984, la section entre Lyon-Croix-Rousse et la gare de Cuire est intégrée à la ligne C du métro après un remodelage complet de la plateforme.

À la fin des années 1970, la gare de Sathonay est profondément remodelée en vue de l’arrivée de la ligne à grande vitesse en provenance de Combs-la-Ville (Paris), qui est mise en service le 27 septembre 1981. Le tronçon à double voie entre Sathonay et la bifurcation de Lyon-Saint-Clair étant désormais, après remise à niveau et électrification, utilisé pour le parcours terminal des TGV Paris-Lyon.

Le tracé de la ligne entre Cuire et Sathonay est, au cours des années 1980-90, en grande partie aménagé pour devenir une promenade piétonne. Il est aujourd’hui connu sous le nom de « voie verte », ou voie de la Dombes.

Quelques années plus tard, La faiblesse du trafic marchandise sur le tronçon de Neuville-sur-Saône à Trévoux a entraîné son abandon par la SNCF. Il est à noter que malgré cet abandon, à l’exception d’un petit tronçon terminal d’environ 500 mètres déclassé en 1992, ce morceau de ligne fait toujours partie du réseau ferré national. Il n’est pas déclassé, mais simplement neutralisé.

La ligne de Lyon-Croix-Rousse à Trévoux est restée ouverte à la circulation ferroviaire et a été desservie par des trains de marchandises sur un tronçon d’environ 10 kilomètres entre Sathonay – Rillieux et Neuville-Zone Industrielle jusqu’à la fin 2010. Depuis, la SNCF a cessé toute desserte.

Références juridiques :
« N° 8721 - Décret impérial relatif à la concession d’un chemin de fer de la Croix-Rousse au camp de Sathonay : 12 juin 1861 », Bulletin des lois de l’Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 17, n° 905,‎ 1861, p. 205 - 223.
« N° 11563 - Décret impérial portant autorisation de la société anonyme formée à Paris sous la dénomination de Compagnie du Chemin de fer de Lyon (la Croix-Rousse) au camp de Sathonay : 5 août 1861 », Bulletin des lois de l’Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 18 « Partie supplémentaire », n° 756,‎ 1861, p. 377 - 396.
« N° 12737 - Décret impérial qui place sous séquestre le Chemin de fer de la Croix-Rousse au camp de Sathonay : 26 octobre 1864 », Bulletin des lois de l’Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 24, n° 1249,‎ 1864, p. 445 - 446.
« N° 1579 - Décret qui autorise la substitution de la Société anonyme des chemins de fer du Rhône aux obligations de l’ancienne Compagnie du Chemin de fer de la Croix-Rousse à Sathonay : 12 juillet 1872 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 5, n° 115,‎ 1872, p. 684 - 685.
« N° 3575 - Décret qui déclare d’utilité publique l’établissement d’un chemin de fer d’intérêt local de Sathonay à la limite du département de l’Ain, vers Trévoux : 1er août 1874 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 9, n° 234,‎ 1874, p. 677 - 696.
« N° 3576 - Décret qui déclare d’utilité publique l’établissement d’un chemin de fer d’intérêt local de la limite du département du Rhône à Trévoux : 1er août 1874 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 9, n° 234,‎ 1874, p. 697 - 715.
« N° 8995 - Décret qui approuve une convention passée entre le préfet du département de l’Ain et la Compagnie des chemins de fer du Rhône et relative à la concession et à l’exécution du chemin de fer de Sathonay à Trévoux : 22 décembre 1879 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 20, n° 505,‎ 1880, p. 186 - 207.
« N° 8996 - Décret qui approuve une convention passée entre le préfet du département du Rhône et la Compagnie des chemins de fer du Rhône, et relative à la concession et à l’exécution du chemin de fer de Sathonay à Trévoux : 22 décembre 1879 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 20, n° 505,‎ 1880, p. 207 - 229.
« N° 8999 - Décret qui autorise la substitution de la Compagnie des Dombes et des chemins de fer du Sud-Est aux droits et obligations de la Compagnie des chemins de fer du Rhône comme concessionnaire du chemin de fer d’intérêt local de la Croix-Rousse à Sathonay : 22 décembre 1879 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 20, n° 505,‎ 1880, p. 236 - 240.
« N° 8997 - Décret qui autorise la substitution de la Compagnie des Dombes et des chemins de fer du Sud-Est à la Compagnie des chemins de fer du Rhône comme concessionnaire du chemin de fer d’intérêt local de Sathonay à la limite du département de l’Ain, vers Trévoux : 22 décembre 1879 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 20, n° 505,‎ 1880, p. 229 - 232.
« N° 8998 - Décret qui autorise la substitution de la Compagnie des Dombes et des chemins de fer du Sud-Est à la Compagnie des chemins de fer du Rhône comme concessionnaire du chemin de fer d’intérêt local de la limite du département du Rhône à Trévoux : 22 décembre 1879 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 20, n° 505,‎ 1880, p. 233 - 236.
« N° 14213 - Loi qui approuve les conventions passées, les 26 mai et 9 juin 1883, entre le ministre des Travaux publics, et la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée : 20 novembre 1883 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 28, n° 834,‎ 1884, p. 325 - 333.
« N° 34418 - Loi ayant pour objet d’incorporer dans le réseau des chemins de fer d’intérêt général le chemin de fer d’intérêt local de Sathonay à Trévoux : 25 mars 1898 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 57, n° 1962,‎ 1898, p. 143 - 333.
« Décret du 20 mars 1978 portant déclassement de 103 kilomètres de lignes, sections de lignes ou raccordements de chemin de fer d’intérêt général », Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, 29 mars 1978 (Numéro Complémentaire), p. 2635 - 2636.
« Décret du 9 décembre 1992 portant retranchement et déclassement de sections de lignes dépendant du réseau ferré national géré par la Société nationale des chemins de fer français, NOR : EQUT9201485D », Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, n° 288, 11 décembre 1992, p. 16898 - 16900.

 

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