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Le SyTRAL se paye des fans et des followers

Publié le 25-06-2017 à 19h38

On pourrait penser que le SyTRAL recherche prioritairement à améliorer son réseau de transport et ses équipements (au hasard en cette saison : la climatisation systématique dans les nouveaux bus achetés et l’entretien effectif de ventilation dans les rames de métro… Ben quoi, on peut rêver, non ?). Aussi, il est surprenant de voir sur le site web des marchés publics du SyTRAL que ce dernier cherche un prestataire pour la « Gestion des campagnes Facebook et Twitter ads, développement de communautés du SyTRAL sur les réseaux sociaux ».

Ainsi, les utilisateurs transpirants dans le métro et les bus seront bien aise d’apprendre que la priorité n’est pas l’amélioration de leurs conditions de transport, mais de faire croître la taille des communautés sur les réseaux sociaux et donc de pérenniser la visibilité. Objectif probablement essentiel pour une autorité organisatrice de la mobilité.

Le descriptif du marché décrit la présence actuelle du Sytral sur les réseaux sociaux. Les 3 pages Facebook (institutionnel, travaux de C3 et travaux de T6), regroupent un total de 6 363 fans, dont probablement un certain nombre abonnées à deux des trois pages, ou à la totalité. Les 4 comptes Twitter (institutionnel, travaux de C3, travaux de T6 et travaux du métro B) regroupent 1 103 followers, dont là aussi un certain nombre de doublons, triplons et quadruplons. Bref, pour faire simple, le SyTRAL regroupe sur Facebook environ 5 000 fans et probablement de l’ordre de 500 sur Twitter. Visiblement, ces chiffres assez éloignés de ceux des pages de Kim Kardashian ne suffisent pas. Ainsi, le marché fixe un objectif pour 2018 de 20 000 fans sur la page Facebook institutionnelle, de 2 000 fans sur les pages Facebook des projets C3, T6, Métro B et de 2 000 à 2 500 followers sur le compte Twitter institutionnel.

Autant dire qu’il va falloir mettre le paquet et c’est bien ce qui est prévu. Le prestataire devra développer un plan d’action comprenant la création des publicités, la création des audiences, le reporting statistiques mensuel et l’analyse de l’impact des publicités afin de prévoir si besoin un rééquilibrage des paramètres. Étrangement pour cet objectif stakhanoviste, le prestataire n’aura pas le droit d’acheter des fans dans les usines à clics comme le font bon nombre de personnalités publiques. Le SyTRAL veut des fans « qualifiés » (on sait pas en quoi, par contre).

Il est tout de même permis de s’interroger très fortement sur l’utilité d’un tel marché finalement très éloigne des missions de base du syndicat qui sont de transporter au mieux les habitants de la métropole de Lyon et du département du Rhône. Espérons que cette dépense douteuse n’a pas pour objectif réel de financer une société amie et ne sera pas le prélude à une série d’autres prestations tarifées peu utiles. Par exemple pour enjoliver les pages wikipedia présentant les activités du syndicat… Encore qu’un tel marché ne déplairait probablement ni à la société Racosch, ni à certains administrateurs de la Wikimedia Fondation…