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Démolition du dépôt Parmentier

Publié le 07-08-2016 à 20h08

Le dépôt Parmentier a été mis en service par la compagnie OTL en 1913 pour augmenter ses moyens de stationnement et d’entretien des tramways. En effet, le sud de la rive gauche du Rhône était plutôt dépourvu d’installations adaptées. Le dépôt de Moulin à Vent, excentré, avait été abandonné quelques années plus tôt pour être transformé en lieu de stockage des tramways en fin de vie. À proximité de l’intersection entre la rue de Marseille et de l’avenue Berthelot se trouvait bien la petite annexe des Culattes, mais ce site étriqué ne permettait le stationnement que de quelques tramways. Les dépôts les plus proches étaient alors ceux de Perrache et des Pins.

Le dépôt de Parmentier forme l’îlot compris entre la rue Jaboulay au nord, la rue Saint-Jérôme à l’est, la rue professeur Grignard au sud et la rue d’Anvers à l’ouest. À son ouverture, il abrite les tramways des lignes à voie normal 4, 12 et 18 ainsi que ceux des lignes à voie métrique 23 et 26. Entre 1925 et 1935 il a aussi hébergé l’éphémère ligne 34.

Le 26 mai 1944, les bombardements alliés qui anéantissent l’avenue Berthelot touchent très gravement le dépôt dont le matériel est mis hors service. Cette destruction entraîne l’interruption totale de la circulation sur les lignes rattachées au dépôt qui ne sont remise en service que très progressivement, pour l’essentiel après la libération de Lyon. Après la guerre, le dépôt est remis en état, mais les lignes de tramways ferment les unes après les autres et il est progressivement équipé pour le stationnement des trolleybus, puis des autobus.

Le dépôt de Parmentier a toutefois eu l’honneur d’être le dernier à héberger des tramways à Lyon. La ligne 4, dernière ligne urbaine exploitée en tramways, a été remplacée par des autobus (puis, une fois les travaux sur les lignes aériennes faits, par des trolleybus) le 30 janvier 1956. Il a ensuite conservé une poignée de rames jusqu’en 1958 pour assurer la desserte interne de la foire de Lyon (quai Achille-Lignon, à l’époque) que les tramways rejoignaient par les anciennes voies de la ligne 4 toujours en place.

Mais c’est l’avènement du nouveau tramway qui a signé la fin de Parmentier. En effet, ce dépôt était enserré dans l’espace urbain, sans possibilité d’extension, alors qu’il était l’un des plus petit du réseau. La créations des lignes T1 et T2 conduit à la suppression et à la réorganisation de plusieurs lignes de bus à proximité. De plus, la création du tramway entraînait la création d’un nouveau dépôt à Saint-Priest Porte des Alpes. Toutes ces raisons ont entraîné sa fermeture en 2001.

Toutefois, le bâtiment contenait encore des équipements et notamment une sous-station électrique alimentant le réseau TCL, ce qui a bloqué sa transformation. Mais en 2015, l’ensemble des équipements nécessaires à l’exploitation du réseau ont été déplacés et le bâtiment, désormais libre de servitudes, a pu être vendu par le SyTRAL qui n’en avait plus l’usage.

Ainsi, le promoteur ayant acquis le dépôt a lancé sa démolition le 22 juillet 2016 dans la perspective de réalisation d’une opération immobilière importante. Avec cette démolition, c’est un pan du patrimoine des transports en commun de Lyon qui disparaît. Certes, une petite partie des bureaux sera conservée, reste dérisoire et ayant perdu tout sens d’une mémoire industrielle de la ville qui s’efface.

Un amateur a entrepris de retracer l’histoire de ce dépôt sur un blog : De Pierre et Debout.