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Avis sur le prolongement de la ligne de tramway T6 Debourg – Mermoz – Hôpitaux Est

Publié le 28-07-2016 à 19h36

Dans le cadre de la procédure d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique qui a eu lieu entre le 20 juin et le 22 juillet 2016 relative à la création de la ligne de tramway T6 Debourg – Mermoz – Hôpitaux Est, voici la contribution de Ferro-Lyon.net :

Globalement, le projet de prolongement du tramway entre Debourg et les Hôpitaux Est est une opération pertinente en termes urbains et d’organisation des transports en commun sur la métropole de Lyon. Cette opération prend en compte les besoins de déplacement de secteurs de la ville de Lyon dans les 7e et 8e arrondissements desservis par des transports en commun peu performants malgré leur peuplement. De plus le renouvellement urbain prévisible à court terme avec une densification de l’habitat et des activités dans certains secteurs à proximité du tracé envisagé rend ce projet d’autant plus nécessaire. Toutefois, les modalités de réalisation de la ligne méritent quelques remarques.

Tout d’abord, la construction de cette nouvelle infrastructure n’est pas envisagée dans le dossier comme une possibilité de maillage du réseau par la construction de raccordements aux croisements des lignes existantes. Ainsi, au croisement des lignes existantes (T2/T5 à Vinatier, T4 à Professeur-Beauvisage – CISL) des bretelles de raccordements entre les lignes doivent être installées dans un maximum de directions. Ceci permettra soit de créer de nouvelles lignes par maillage, soit de détourner temporairement des services en cas de coupure de certains tronçons. Par exemple, si le secteur de Grange Blanche est inaccessible, la correspondance entre la ligne T2 et le métro D pourra ainsi être assurée à Mermoz – Pinel. Ou encore, il serait possible de créer une ligne entre Vénissieux et la confluence. De même, on pourrait imaginer, lors d’un prolongement futur de la ligne vers le nord, une ligne entre Villeurbanne et Bron, ou entre Grange Blanche et Villeurbanne… Ces jonctions seront d’autant plus simples à installer que ces secteurs sont actuellement peu contraints par une urbanisation dense (à Vinatier, le carrefour est bordé au nord-ouest par une friche sur laquelle il pourrait être utile d’empiéter en cas de difficulté d’insertion des raccordements). Évitons de dilapider dans quelques années les deniers publics dans des opérations de reconstruction de bifurcations mal anticipées comme cela a été le cas par deux fois déjà au carrefour entre l’avenue Thiers et le cours Lafayette !

La création de ces jonctions permettrait, pour un coût modeste au regard du projet, de restructurer la desserte du réseau de tramways du sud-est lyonnais. Globalement, il pourrait être intéressant soit d’envoyer la ligne T5 vers Suchet par Debourg, soit de créer une ligne T2bis de Suchet à Porte des Alpes par Debourg et Mermoz. Cette dernière option permettrait à la fois de soulager la ligne T2, mais aussi de rétablir la desserte directe vers le campus de la Porte des Alpes pour les étudiants logeant à Mermoz. Desserte qui a été supprimée en 2001 à la mise en service de la ligne T2. Cette option permettrait aussi de mailler efficacement le réseau.

En outre, il serait extrêmement intéressant pour l’organisation urbaine du secteur de compléter cette nouvelle infrastructure par la construction d’un raccordement sur l’avenue Jean-Mermoz entre le Bachut et cette nouvelle ligne.

Concernant les services prévus dans le dossier d’enquête utilisant cette nouvelle infrastructure, il ne semble pas pertinent de les amorcer à Debourg. Un recouvrement de desserte avec la ligne T1 jusque dans le quartier en plein développement de la confluence (idéalement Perrache pour assurer la correspondance avec le métro si une voie de rebroussement pouvait techniquement être implantée sur la place Carnot) est indispensable pour assurer l’attractivité de la ligne. En outre, le terminus des hôpitaux Est doit être installé dans l’enceinte des hôpitaux en suivant la desserte interne actuellement assurée par les lignes de bus. Une telle option ne présente pas de difficulté pour un éventuel prolongement de la ligne vers le nord, pour peu que des branchements aient été installés là ou le dossier de concertation prévoit le terminus. Cela permettrait indubitablement d’assurer une meilleure accessibilité des hôpitaux, établissements souvent fréquentés pas des personnes ayant des difficultés à se déplacer à pied.

Concernant le tracé, le passage par la rue de Pressensé dans le quartier des États-Unis pose aussi la question de la cohabitation avec les lignes de bus qui y circulent et auquel le tram ne se substituera pas. Comment maintenir la qualité de desserte ? Ces lignes pourront-elle circuler sur la plateforme des voies du tramway comme sur un site propre en desservant les mêmes quais ? (Cette configuration existe à Tours par exemple). Il est particulièrement que l’option d’un passage par la rue Cazeneuve et le boulevard des États-Unis plutôt que par la rue de Pressensé n’ait pas été sérieusement envisagée. Le linéaire à construire aurait été moindre (puisque les voies de la ligne T4 aurait pu être utilisés) et la desserte locale sur la rue de Pressensé aurait été moins contrainte.

Enfin, concernant la réalisation de la ligne, le dossier parle d’une rénovation de façade à façade des rues empruntées. Toutefois, l’avenue Jean-Mermoz et la rue Henri-Barbusse ont fait l’objet de réfection intégrale, de façade à façade, ces dernières années. Ce ne semble pas être un usage pertinent des deniers publics de détruire en totalité ces aménagements quasiment neufs. Sur l’avenue Jean-Mermoz, ne serait-il pas plus pertinent d’utiliser un des deux chaussées routières ? Dans tous les cas, un passage latéral côté nord, plutôt qu’axial semble plus judicieux pour le fonctionnement de cette avenue. Sur la rue Henri-Barbusse, le réemploi de la voie actuellement réservée aux bus s’impose. Sur une partie, l’accès des riverains pourra se faire par une contre-allée, alors que sur l’autre la largeur existante des trottoirs et autre terre-plein central permet une traversée sécurisée de la plateforme par les véhicules.