Ferro-Lyon

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La MC3 quitte Lyon

Publié le 12-02-2016 à 19h29

Les deux dernières automotrices historique du métro à crémaillère de Lyon, les MC2 et MC3 quittent l’une après l’autre l’agglomération. La motrice MC3 est partie la première le lundi 8 février 2016 en direction de la Cité du train de Mulhouse où elle est arrivée le lendemain. La MC2 doit partir prochainement en direction du chemin de fer de Bon-Repos (Côtes d’Armor). Étrange destin que celui de ce matériel qui n’a finalement servi que durant quelques années pour des raisons tant économiques que politiques avant d’être stocké sans emploi alors qu’il était conçu pour un service intensif pendant des décennies.

La motrice MC2 a été commandée par le syndicat des TCRL aux sociétés SLM pour la partie mécanique et CEM-Oerlikon pour la partie électrique, en 1971 avec la motrice MC1 pour remplacer le funiculaire de Croix-Paquet à la Croix-Rousse alors à bout de souffle. Il s’agissait alors de transformer le funiculaire en ligne de chemin de fer à crémaillère afin de permettre son prolongement dans le cadre de la réalisation du réseau de métro de l’agglomération. Dans cette perspective, ces deux motrices étaient équipées pour circuler à la fois sur crémaillère, mais aussi en adhérence. L’automotrice MC2 a été livrée le 9 octobre 1974 à l’atelier de Croix-Paquet où son montage a été parachevé. Elle en est sorti le 27 novembre suivant pour participer aux derniers essais de la ligne avant son inauguration le 6 décembre et sa mise en service le lendemain.

La motrice MC3 est commandée par le syndicat des TCRL aux mêmes fournisseurs fin 1975 dans le cadre du prolongement de la ligne entre Croix-Paquet et Hôtel-de-Ville et de son intégration au réseau de métro en tant que ligne C. Elle possèdes quelques différences avec ses deux aînées, puisqu’elle roule plus vite en adhérence, mais ce que les passagers ont le plus remarqué, ce sont les portes entre les cabines de conduite et le compartiment voyageurs. Cette automotrice est livrée prête à rouler au dépôt de Croix-Paquet le 13 juin 1978, après des essais sur le chemin de fer Orbe – Chavornay (Vaud, Confédération Helvétique). Cette augmentation du parc permettait alors d’absorber la charge supplémentaire liée à la correspondance avec la ligne A du métro mise en service le 2 mai précédent. Cependant, dès avant la livraison de cette nouvelle automotrice le prolongement de la ligne sur le plateau entre Croix-Rousse et Cuire avait été décidé. Il était donc nécessaire d’acheter du matériel roulant supplémentaire. Or le taux de change entre le franc français et le franc suisse était alors particulièrement défavorable. Le prix des motrices MC dont toute la structure était fabriquée en Suisse devenait exorbitant. Le syndicat des TCRL a donc décidé de commander de nouvelles rames dont les caisses et toute la partie électrique était fabriquée en France sur le modèle des MPL75 dans un but de standardisation avec le matériel des autres lignes du métro, la seule partie livrée par SLM étant les bogies à crémaillère. La commande portait alors du 5 rames à deux caisses. Les MCL80 étaient nées. Le syndicat des TCRL conscient du sureffectif de matériel tente alors de revendre les trois motrices MC. Toutefois la spécificité de ce matériel (rames à crémaillère sur voie à écartement standard électrifiée en 750 volts continu avec un plancher conçu pour des quais hauts) le rend quasiment invendable.

En décembre 1984, les rames MCL80 sont livrées et la ligne C du métro est prolongée de Croix-Rousse à Cuire. Dès lors, l’activité des rames MC1 à 3 décline. Les MC1 et 2 sont utilisées de moins en moins fréquemment en unité multiple en remplacement d’une rame MCL80 au fur et à mesure que la fiabilité de ce nouveau matériel s’améliore. Elles sont employées pour quelques trains de travaux. Finalement, au deuxième semestre 1988, les trois MC sont retirées du service et transportées au dépôt-atelier des métro A et B rue de la Poudrette à Vaulx-en-Velin. La MC1 avait alors dépassé les 303 886 kilomètres. La MC2 atteignait les 293 616 kilomètres et la MC3 les 231 486 kilomètres.

Dix ans plus tard, la motrice MC1 est rachetée par le Centre d’essai ferroviaire de Valenciennes pour être transformée en véhicule d’essai. Elle quitte Lyon par la route le 9 décembre 1998. En 2007, à l’occasion du prolongement de la ligne A du métro à Vaulx-en-Velin – La Soie, le dépôt de la Poudrette souhaite récupérer la voie couverte occupée les deux motrices MC restantes. Elles sont donc transférées sur le site du nouveau dépôt de tramway de Meyzieu où elles sont stockées sur des coupons de rail isolés et abritées sous des bâches.

En 2014, alors que la destruction des deux automotrices MC2 et MC3 est envisagée par le SyTRAL, la Cité du train de Mulhouse manifeste son intérêt pour la MC3. Après désamiantage (quelques éléments dans les coffres électriques) l’association ATHALY est sollicité pour remettre en état et nettoyer les espaces intérieurs de la rame où des prélèvements avaient été fait au cours de ses années de stockage (barres de maintien, sièges, plaques de séparation…). Ainsi c’est une rame quasiment dans son dernier état de service qui rejoint le musée du chemin de fer.

Vue des rames MC3 et MC2 à Meyzieu

Vue des rames MC3 et MC2 à Meyzieu après le remontage du pantographe de la MC3 le 6 février 2016.