Ferro-Lyon

Métros, trams, trains, funiculaires lyonnais…

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2016, année blanche ?

Publié le 01-01-2016 à 16h37

Alors que sur le plan scientifique la découverte majeur de 2015 a été qu’il était possible de transmuter l’eau de Vals en eau de Vichy, la déliquescence du réseau ferroviaire et la sénescence des structures chargées de développer les transports publics sont chaque jours plus criantes. De plus, les réductions de budget et les dépenses contraintes viennent accélérer à la sclérose du fonctionnement du système. Ceci sans compter le blocage engendré par les échéances électorales. Dans ce contexte l’année 2016 ne s’annonce pas vraiment meilleure que 2015 dans le domaine ferroviaire.

La métropole, un nouveau-né impotent

Le début de l’année 2015 a été marqué par la scission du département du Rhône en deux entités : la métropole de Lyon et le « nouveau » département. De cette réorganisation institutionnelle majeure, on pouvait espérer des évolutions de fonctionnement rapide des réseau sous la férule d’un SyTRAL au périmètre de compétences élargi à la totalité de l’ancien territoire du département. Il n’en a rien été. Le SyTRAL a été strictement incapable de développer une tarification intermodale complète et intégrée entre les différents réseaux qui lui appartiennent. Et ne parlons même pas de tarification commune entre les différentes autorités organisatrices ! Alors que dans de nombreux pays limitrophes cela existe depuis des décennies, les décideurs français se complaisent dans leurs guerres picrocholines au détriment des usagers.

Du côté du réseau ferré régional, en dehors de travaux importants entre Givors et Saint-Étienne ou encore Lyon et Grenoble, le reste du réseau se dégrade. Si quelques lignes semblent faire l’objet d’une convention de financement de travaux entre l’État et la région comme celles de Saint-Étienne à Clermont-Ferrand ou d’Oyonnax à Saint-Claude, il faudra voir si les nouvelles autorités régionales confirment l’engagement. En attendant le niveau de desserte est petit à petit attaqué. La SNCF allège y compris les dessertes longue distance comme Lyon-Strasbourg pendant que sa filiale Ouibus ouvre la même ligne par autocar.

Sur le réseau de métro, la concertation et l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique pour le prolongement de la ligne B entre la gare d’Oullins et l’hôpital Lyon-sud se sont tenues en 2015. La rénovation mi-vie des rames du MPL85 de la ligne D a débuté. La redécoration de la station Hôtel de Ville – Louis-Pradel, commencé à l’automne 2014 et qui aurait dû être achevée à l’été a finalement duré jusqu’aux derniers jours de l’année. C’est très long pour un résultat loin d’être convainquant, pour ne pas dire moche et triste.

Du côté du tramway, la concertation sur le prolongement de la ligne T1 de Debourg aux hôpitaux Est (désormais rebaptisée T6) s’est tenue. L’antenne de desserte du stade de l’OL à Décines-Charpieu a été achevée et inaugurée. La dernière tranche conditionnelle du contrat de livraison du matériel roulant portant sur la fourniture de sept rames de 43 mètres a été levée à l’été.

2016 ou le creux de la vague

Du côté du réseau ferroviaire national, peu de bonnes nouvelles sont à attendre. Malgré le délabrement du réseau, les fermetures de lignes seront probablement peu nombreuses sur la grande région dans l’attente de la présidentielle de 2017. Les chances de réouverture des lignes fermées « temporairement » après que les X73500 ait été décrétés dangereux sont faibles. La ligne entre Volvic et le Mont-Dore est déjà liquidée, puisqu’il n’existe plus de sillon programmé pour les trains de voyageurs depuis le changement de service de décembre 2015. Le trafic marchandises suivra très probablement bientôt. De plus, à moins que les régions ne mettent vigoureusement les pieds dans le plat, bien qu’encore récents en bon état et très facilement sécurisable (modification des règlements d’exploitation pour temporiser plus largement les destructions d’itinéraires tracés pour ce type de matériel dans les postes et/ou ajout de dispositifs d’aide au shuntage comme en ont les AGC), les X73500 vont commencer à partir rapidement à la ferraille. La SNCF est d’autant plus tentée que les règles d’amortissement comptable ont changé. La chasse au matériel roulant « improductif » est donc ouverte. Cela ne touchera pas que les autorails, mais aussi tout le matériel conservé uniquement pour les pointes hebdomadaires ou les vacances scolaires. Les X72500 réputés non fiables seront eux aussi liquidés très prochainement. Quelques travaux vont concerner les lignes de la région, notamment entre Lyon et Grenoble. En revanche, la SNCF a déjà largement décidé de renouer avec ses glorieuses années de collaboration : armement de sa milice privée, portiques de sécurité, fouille, détection automatisée avec des logiciels des comportements « déviants », billets nominatifs (choix commercial pour empêcher la revente sur internet habillé par de pseudo arguments sécuritaires)… Bref que des mesures vexatoires pour décourager de prendre le train qui ne serviront à rien face à un fou-furieux se faisant sauter en plein halle de gare ou tirant à l’arme automatique sur une file d’attente devant un portique. Remarquons juste qu’il n’est pas prévu de contrôle pour l’accès aux macrontocquards… Ni d’ailleurs de vérification que les conducteurs desdits autocars disposent bien du permis de conduire… Robocop d’un côté, Oui-Oui de l’autre.

Pour le métro, la rénovation des MPL85 va se poursuivre, et il est probable que la commande d’une nouvelle série de matériel roulant va être lancée. La déclaration d’utilité publique du prolongement de la ligne B de la Gare d’Oullins au hôpitaux Sud devrait être prononcée au cours du premier semestre. Il est à craindre que d’autres stations soient redécorées. Après les teintes panthère et taupe d’Hôtel de Ville – Louis-Pradel, il ce sera au tour du zèbre pour Part-Dieu – Gare SNCF, puis fuchsia et bleu ciel à Charpennes – Charles-Hernu… C’est du même goût que ce que l’on peut voir dans les émissions la 6e chaîne et ça vieillira certainement aussi mal. D’autres travaux, moins visibles mais plus coûteux, seront engagés pour le renouvellement de l’alimentation électrique du réseau de métro et le remplacement des équipements des sous-stations.

Du côté du tramway, en dehors de la mise en service effective de l’antenne vers le stade de Décines-Charpieu le 9 janvier, peu de choses visibles vont se passer. Il y aura en début d’année l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique pour la ligne T6. Les travaux pourront potentiellement démarrer à l’été. Un nouveau contrat de fourniture de matériel roulant devrait être signé avec Alstom (pardon, il ne fallait pas le dire, le comité syndical du SyTRAL n’ayant pas encore choisi le vainqueur de l’appel d’offre) pour la livraison d’au moins 10 rames de 43 mètres. Des travaux d’extension des dépôts seront lancés vers la fin de l’année pour accueillir ce nouveau parc. Sinon, même si cela semble ambitieux, il n’est pas impossible, en fonction de la rapidité (hum !) de délivrance des autorisations administratives nécessaires, que la motrice historique n°4098 arrivée au dépôt de Rhônexpress en 2015 ait l’occasion de circuler, au moins pour des essais, d’ici la fin de l’année.

Bonne année 2016 à tous !