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Ussel n’est plus demandé à Laqueuille

Publié le 06-07-2014 à 12h09

Il s’est joué hier un événement sur le réseau ferré national qui n’est qu’un prélude en annonçant d’autres. Pour la première fois depuis longtemps, une liaison directe entre deux deux chef-lieux de régions limitrophes a été supprimée par la fermeture d’une voie ferrée. En effet, la fermeture à tous trafics, en raison de l’absence délibérée d’entretien de la voie, de la section comprise entre Laqueuille (Puy-de-Dôme) et Ussel (Corrèze) a entraîné de fait la suppression de toutes les liaisons ferroviaires directes entre Clermont-Ferrand et Limoges. Ceci sans même parler des la disparition du lien direct entre l’Aquitaine et l’Auvergne qui transitait par la ligne. Cette suppression accroît ainsi fortement l’enclavement des régions déjà déshéritées situées entre ces deux villes, puisqu’elle rompt toutes les liaisons intermédiaires existantes, et rend les déplacements plus difficiles, notamment en hiver, lorsque les conditions climatiques sont mauvaises.

Certes, les fermetures de voies ferrées ne sont pas nouvelles, toutefois depuis de nombreuses années, elles ne concernaient que des voies à très faible trafic, telle celle entre Autun et Avallon. La première alerte sérieuse avait été la fermeture entre Chalons-en-Champgne et Verdun en décembre 2013 rompant les liaisons entre cette ville et les régions plus à l’ouest… Juste avant les célébrations du centenaire de la première guerre mondiale ! Mais l’état désormais alarmant d’une grande partie des voies, qui a été délibérément voulu depuis une vingtaine d’année, va justifier à court terme de nombreuses fermetures. Ceci d’autant que le tandem RFF/SNCF présente des devis absolument exorbitants pour la remise en état de ce qu’ils ont laissé tomber en ruine : Un exemple, pour remise en état de la ligne de Saint-Auban à Digne (Alpes-de-Haute-Provence) fermée depuis 25 ans RFF/SNCF présente un devis de 100 millions d’euros. La contre-expertise de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur arrive à un coût réel de l’ordre de 20 millions… On ne peut que s’interroger sur les 80 millions supplémentaires du devis… Pour le maintien du tronçon entre Laqueuille et Ussel, le duo RFF/SNCF voulait racketter les régions Auvergne et Limousin de 7 millions d’euros pour changer quelques traverses… C’est à dire faire l’entretien courant et normal de la voie. Pour être encore plus convaincants, ils ont abaissé les vitesses limites à 40 km/h, avec même un tronçon d’environ 300 mètres limité à 10 km/h. Dans ces conditions, les temps de parcours deviennent exorbitants. Les régions, surtout l’Auvergne, toute acquise à l’automobile en général et au pneumatique en particulier, n’ont rien voulu lâcher. L’État, autorité organisatrice des trains intercités directs entre Bordeaux et Clermont-Ferrand aurait aussi pu faire pression mais, trop heureux d’économiser quelques picaillons, a accepté que la SNCF remplace ses trains entre Clermont et Ussel par des autocars.

Dommage collatéral de cette fermeture, les gares d’Eygurande – Merlines et de Bourg-Lastic – Messeix (cette dernière était déjà effacée en temps normal au niveau du block manuel et n’était donc plus qu’un point d’arrêt.) ne sont plus desservies. Pour Eygurande – Merlines, le fond des enfers est atteint, puisqu’elle avait déjà perdu en 2008 son statut de gare de correspondance avec la fermeture, là aussi en attente de travaux qui ne sont jamais venus, de la ligne qui la reliait à Montluçon… Et ne parlons pas de la glorieuse époque, avant la mise en eau du barrage de Bort-les-Orgues au début des années 1950, pendant laquelle Eygurande était au centre d’une étoile à quatre branches.

Si cette voie désormais fermée à tous trafics ne voit pas les circulations reprendre rapidement (6 mois-1 ans), il est probable qu’elle ne rouvrira jamais. En effet, l’absence de circulation conduit à la dégradation rapide des installations de sécurité (dégradation par manque d’entretien et par vandalisme) et leur remise en état revient en fait à les remplacer en totalité. Alors que la demande de transport augmente, RFF et la SNCF détruisent petit à petit leurs infrastructures, et mènent une politique de la terre brûlée insensée sur le plan économique… Mais quand on entend le ministère de l’écologie, qui a la tutelle de ces deux sociétés, défendre un plan de relance autoroutier se chiffrant en milliards d’euros, finalement on se rend compte qu’il y a une certaine cohérence globale de la politique menée, et qu’elle est assumée au plus haut niveau, quelles qu’en soient les conséquences sur les hommes et les territoires.

Gorges de la Clidane, juin 2014

Bourg-Lastic, dans les gorges de la Clidane, l’autorail « du matin » entre Clermont-Ferrand et Brive-la-Gaillarde se fraye un passage au pied des falaises. juin 2014.

Gorges de la Clidane, au niveau du PN n°279, juin 2014

Messeix, dans les gorges de la Clidane, au niveau du PN n°279, passage de l’autorail « du matin » X73782 entre Limoges et Clermont-Ferrand. juin 2014.

Gorges de la Clidane, vue sur le Moulin du Saleix, juin 2014

Messeix, dans les gorges de la Clidane, vue sur le Moulin du Saleix, l’autorail « de l’après-midi » entre Clermont-Ferrand et Limoges se fond dans le grand paysage. juin 2014.

Ussel, intercités entre Bordeaux et Clermont-Ferrand, 27 juin 2014

Ussel, l’antépénultième train intercités entre Bordeaux et Clermont-Ferrand s’apprête à quitter la gare après avoir croisé l’autorail de Clermont à Brive-la-Gaillarde qui va encore attendre, selon l’horaire et les contraintes de la voie unique, un bon quart d’heure l’autorail de Limoges à Clermont. 27 juin 2014.

Gare d’Eygurande – Merlines, entrée en gare du dernier autorail de Limoges à Clermont-Ferrand, 5 juillet 2014

Gare d’Eygurande – Merlines, entrée en gare du dernier autorail de Limoges à Clermont-Ferrand assuré par le X73777, sous un temps de Toussaint. 5 juillet 2014.

Gare de Laqueuille, le dernier autorail de Limoges à Clermont-Ferrand à quai, 5 juillet 2014

Gare de Laqueuille, le dernier autorail de Limoges à Clermont-Ferrand, assuré par le X73777, à quai. La dernière circulation dans le sens Ouest-Est va repartir vers son terminus. 5 juillet 2014.

Gare de Laqueuille, la dernière circulation va s’engager sur la voie condamnée, 5 juillet 2014

Gare de Laqueuille, le dernier autorail de Clermont-Ferrand à Limoges, assuré par le X73777, à quai. La dernière circulation va s’engager sur la voie condamnée. 5 juillet 2014.

Gare d’Eygurandes – Merlines, le dernier autorail quitte la gare, 5 juillet 2014

Gare d’Eygurande – Merlines, le dernier autorail de Clermont-Ferrand à Limoges, assuré par le X73777, quitte la gare. La voie est désormais fermée. 5 juillet 2014.

Gare de Laqueuille, les cadenas de condamnation prêts à être posés, 5 juillet 2014

Gare de Laqueuille, au pied des leviers de commande des signaux et des aiguilles, les cadenas de condamnation empêchant l’accès à la voie en direction d’Ussel sont prêts à être posés. 5 juillet 2014.

Toutes les photos de cette page ont été prises en juin et juillet 2014.