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Castors 1 - SyTRAL 0

Publié le 03-12-2011 à 11h36

Le prolongement de la ligne 1 du tramway entre Montrochet et Debourg semblait bien engagé. En effet, la première pierre du pont devant permettre à la ligne de franchir le Rhône a été posée il y a quelques jours le 24 novembre 2011 en présence des ténors du microcosme politique lyonnais… Seule ombre au tableau à ce moment-là, la déclaration d’utilité publique n’était pas encore publiée.

Mais de petits habitants du fleuve sont venu contrarier ce prolongement pourtant très consensuel. Il s’agit des castors, une espèce très largement menacée, donc très protégée et dont un certain nombre de spécimens ont depuis de nombreuses années trouvé le biotope du lyonnais du fleuve Rhône à leur goût. Ceci notamment grâce à un niveau d’eau à peu près constant lié à la régulation faite par le barrage de Pierre-Bénite. Ils se sont donc installés le long des berges. Or compte-tenu de leur statut d’espèce protégée, il ne peut être question ni de les tuer, ni de détruire leur hutte, ni d’endommager les zones où ils se nourrissent.

Cette présence avait largement été identifiée par les études liées à la construction du pont puisque le dossier d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique, au printemps 2011, la mentionnait. Dès cette période, l’avis de l’autorité environnementale sur le projet de prolongement du tramway pointait les lacunes du dossier concernant les études sur la protection des castors… Mais ce n’était qu’un avis ! Sachant tout de même qu’un tel projet modifiant les berges du fleuve nécessite de multiples autorisations au titre de l’environnement, le SyTRAL aurait été bien inspiré de lancer le complément de ses études dès ce moment-là. Cela n’a pas été fait, puisque tous les dossiers précédents d’extension du réseau, plus ou moins bâclés ont tous fini par obtenir leur déclaration d’utilité publique sans être améliorés, simplement en négociant avec le Préfet. Résultat, alors que les travaux de construction du pont devaient débuter prochainement, il n’est désormais pas impossible qu’il faille relancer des études pointues, ce qui retarderait d’autant le début des travaux…

Et c’est peut-être aussi ces lacunes dans les études qui expliquent le retard de la délivrance de déclaration d’utilité publique, puisque celle-ci n’a été obtenue que le 30 novembre 2011, avec la signature par le préfet du Rhône de l’arrêté préfectoral n°2011-5596 publié aujourd’hui 3 décembre 2011 au recueil des actes administratifs de la préfecture (daté du 5 décembre… Hum !).

Sources : Le Progrès de Lyon du vendredi 2 décembre 2011.
Site internet de la Préfecture du Rhône.