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Seconde rénovation, en route vers Cuire

Publié le 27-10-2007 à 19h06 (mis à jour le 03-12-2014 à 18h11.)

Si l’ancienne ficelle de Croix-Paquet avait gagné en efficacité avec sa transformation en crémaillère et son prolongement à la station Hôtel de Ville, il faut bien reconnaître que cet appendice était un peu court pour faire une desserte correcte du plateau, et prétendre être la troisième ligne du réseau de métro. Dès le milieu des années 1970 cheminait au sein du syndicat des TCRL le projet d’un prolongement sur le plateau en réutilisant au moins partiellement l’ancienne ligne SNCF de la Croix-Rousse à Sathonay. Les travaux initialement projetés auraient porté la longueur de la ligne à plus de 7 kilomètres. Ils auraient donc été d’une tout autre ampleur que ceux déjà réalisés sur les 936 mètres du tronçon préexistant. Cependant, devant les coûts prévisibles, il a été décidé de limiter « provisoirement » le prolongement à Cuire soit un ajout de 1 514 mètres.

La mise en service du prolongement entre Croix-Paquet et Hôtel de Ville, concomitamment avec l’ouverture des lignes A et B du métro le 2 mai 1978 a conduit à une multiplication par dix de la fréquentation de la crémaillère. Les trois motrices existantes peinent à suffire à la tâche, et le petit atelier d’entretien de Croix-Paquet montre ses limites. Cette saturation milite pour une solution radicale : le prolongement de la ligne jusqu’à l’ancienne gare marchandises d’Hénon pour y installer de nouveaux ateliers pouvant accueillir des automotrices doubles, aptes à satisfaire aux pointes de trafic.

Rame du MCL 80 vers les ateliers d’Hénon, couverture de la Vie du Rail n°1971, 6 décembre 1984 (Ph. Jean Avenas)Le 5 février 1979, le comité syndical du syndicat des TCRL approuve le principe du prolongement de la ligne C à Hénon. Les travaux préparatoires débutent à l’automne 1980, après l’engagement de l’État à verser une subvention. L’arrêté préfectoral n°516-81 du 29 avril 1981 déclare d’utilité publique le prolongement de la ligne « C » du métropolitain de l’agglomération lyonnaise de la station « Croix-Rousse » à la station « Henon ». La disposition des nouveaux ateliers nécessitait un accès par un rebroussement. Cette disposition imposait de prolonger la ligne environ 300 mètres au-delà de la station Hénon. En avril 1982, face à la modestie de la dépense supplémentaire à engager, le syndicat des TCRL choisit, à la demande du docteur Dugoujon, maire de Caluire et représentant de la CoUrLy au comité syndical, de prolonger la ligne d’environ 300 mètres au-delà du tiroir prévu et de créer une nouvelle station, dénommée Cuire, juste à l’entrée de la commune de Caluire-et-Cuire.

Il a tout d’abord fallu mettre le tronçon en activité au niveau du nouveau service envisagé. Opération certes prévue dès sa réalisation, mais peut être pas autant que ça. Il a donc été nécessaire, avant toutes choses, équiper la stations Croix-Rousse d’une deuxième voie à quai. Il a donc fallu rouvrir un chantier de génie civil lourd sur une section très récente, afin d’agrandir la station pour y poser une seconde voie et y installer un quai supplémentaire, mais aussi créer un second cadre entre la station et le tunnel historique de la ficelle pour y faire passer la deuxième voie. Ensuite, il a été indispensable d’adapter les stations existantes pour recevoir des rames à deux caisses avec un gabarit plus large et un plancher plus haut. La signalisation, elle aussi a dû être modifiée pour accroître le débit… Mais aussi pour changer le sens de circulation des rames, qui contrairement aux autres lignes lyonnaises, circulaient alors à droite. Ces travaux ont nécessité la suspension du service du 28 juin au 2 septembre 1984.

Le prolongement débute à la station Croix-Rousse par une courbe de 80 mètres de rayon permettant d’amener les voies dans l’axe du boulevard des Canuts. Ce boulevard a été créé à l’emplacement de la voie de la ligne de chemin de fer de Lyon Croix-Rousse à Sathonay. Au bout d’un parcours souterrain de 659 mètres, on arrive à la station Hénon. Il s’agit d’une station de type cadre, classique sur le métro de Lyon. Les accès se font directement depuis la voirie aux quais par escaliers fixes et mécaniques.

Le tunnel se poursuit ensuite sur 145 mètres, puis les voies émergent à l’air libre. Environ 50 mètres après se trouve l’accès au dépôt-atelier relié à la ligne par une aiguille orientée vers Cuire. À cet endroit, les voies dominent leur environnement en passant au-dessus de la rue de Cuire. Immédiatement après ce franchissement une aiguille ramène le tronçon terminal à une voie unique. 200 mètres plus loin, la ligne, toujours en remblai enjambe la rue de la Galoche. Elle arrive enfin au niveau du sol à la station Cuire, après être redescendue doucement. La voie, bordée d’un quai côté Est, vient mourir contre la rue de la gare de Cuire, à l’angle de la rue Coste et de la place Jules Ferry, à 749 mètres de la station Hénon. De par cette disposition, la station est de plain-pied avec le reste de l’espace public.

Le dépôt-atelier a été, comme prévu, construit sur une partie des terrains de l’ancienne gare-marchandises de Croix-Rousse 2.

Inauguration du prolongement à Cuire, le 8 décembre 1984 (Ph.: Pascal Béjui)Le plus surprenant lors de cette extension, a été la décision de changer tout le matériel roulant de la ligne qui était pourtant âgé de moins de dix ans. Certes, sa vitesse en adhérence bridée à 50 kilomètres par heure était bien basse, et sa capacité avec une caisse unique faible. Il ne faut pourtant pas oublier que les automotrices SLM MC1 et MC2 étaient aptes à la marche en unité multiple et que la MC3 aurait probablement pu être adaptée pour circuler avec l’une des deux autres. Il aurait cependant fallu commander au moins sept rames du même type pour obtenir l’équivalent des 5 rames à deux caisses actuelles de MCL80.

Le choix de ce nouveau matériel est critiquable car s’il permet de rouler à 80 kilomètre par heure en adhérence, la décision de le faire construire en tandem par SLM (pour les bogies uniquement) et Alsthom pour avoir des caisses quasiment semblables au MPL 75 équipant les lignes A et B a fait considérablement monter son prix. De plus, son gabarit, différant du matériel antérieur, a rendu indispensable la reconstruction des quais des stations existantes, en retrait et à une cote plus élevée mais intermédiaire, car il était initialement prévu que les rames SLM (MC1 à MC3) continuent à assurer des circulations. Finalement, les rames MC1 à MC3 ont été retirées du service dès 1987-1988, une fois leurs remplaçantes fiabilisées. Pendant plus de 15 ans, jusqu’à une nouvelle reconstruction des quais, les passagers ont donc eu une marche à franchir pour accéder à la rame.

Le coût total de ce prolongement s’élève à 424,3 millions de francs hors taxes (prix 1984, soit 105,6 millions d’euros en valeur actualisée en 2006 au taux INSEE) dont 244,6 pour l’infrastructure et 132 pour le matériel roulant. Le reste du budget se répartissant entre les études, l’ingénierie, et la maîtrise d’œuvre. Les subventions de l’État pour cette opération se sont montées à 94,2 millions de francs, le reste étant essentiellement financé par l’emprunt.

Le prolongement entre Croix-Rousse et Cuire a été inauguré le 8 décembre 1984 et ouverte au public le 10 décembre suivant, portant la longueur totale de la ligne à 2 450 mètres, et le nombre de stations à 5.